EL TRADUCTOR EN LA SOCIEDAD / La place du traducteur dans notre société

Un poco de historia

Históricamente, la traducción se ha considerado una aberración. ¿Por qué habríamos permitido que se degradasen los idiomas nobles, como el latín o el griego, al traducirlos a idiomas considerados inferiores? La primera persona que quiso traducir la Biblia al inglés, William Tynsdale, pagó un alto precio ya que fue quemado vivo.

Entonces había poco (o ningún) reconocimiento para dicho trabajo y el acceso a los recursos culturales y políticos quedaba reservado a una élite de eruditos. La traducción quedó en un oficio en la sombra. En una sociedad donde se han desarrollado los recursos necesarios junto con la comunicación, ¿ha cambiado la situación del traductor y de su trabajo?

La traducción vista por la sociedad

Desafortunadamente, siguen existiendo numerosos prejuicios cuando se habla de traducción, especialmente uno: la traducción no es un trabajo real, sino una tarea de la que cada uno puede encargarse sin mayor dificultad, gracias a las clases de idiomas impartidas durante la etapa escolar. Se puede relacionar eso con otro prejuicio un poco simplista: el traductor es un diccionario, alguien a quien se le puede preguntar cualquier término fuera de su contexto. ¿Significa eso que se podría sustituir al traductor por herramientas de traducción automática? Hay numerosos ejemplos que muestran las consecuencias de este tipo de traducción sobre la imagen de la empresa que optó por la solución más rápida y más barata.

De aquí podemos sacar otra idea preconcebida sobre la traducción, como que es una tarea que se hace fácil y rápidamente si tienes un diccionario bilingüe a mano. Es lo que puede llevar a la incomprensión entre el traductor y el cliente, especialmente en una sociedad que nos pide que seamos cada vez más eficientes, con plazos cada vez más cortos. Todo eso ayuda a construir una imagen poco gratificante de esta profesión y de la persona que lo cumple.

Sin embargo…

La traducción es un trabajo mucho más complejo que la imagen que de él tiene la sociedad. El filósofo Franz Rosenzweig así lo resume: “traducir es servir a dos señores a la vez”.

No se trata sólo de transcribir un enunciado con toda la sutileza que tiene el idioma del que proviene, sino también de reproducir un enunciado tan rico y fluido en el idioma de llegada como en el idioma original. No se trata de transferir una palabra de un idioma al otro, sino el sentido, respetando a la vez el idioma original y el idioma de llegada en toda su complejidad respectiva, sea a la altura de la gramática o de referencias culturales más precisas. La traducción palabra por palabra como si de un puro mecanismo se tratara es una visión simplista que minimiza un trabajo que requiere numerosas búsquedas y mucha creatividad por parte de la persona que lo lleva a cabo.

El traductor también es una persona cuyo trabajo es relacionar los pueblos y las culturas. La traducción es un medio esencialmente útil para la comprensión intercultural. El traductor es el vínculo entre los actores, la persona que permite que una relación se establezca entre dos personas de un idioma y de una cultura diferente. Algunos le darían el nombre de ‘oficio más viejo del mundo’, porque es gracias a este contacto entre los pueblos que se ha hecho la historia de la humanidad. Tras la necesidad de comunicar y el ambiente multicultural, nuestra sociedad debe favorecer una revalorización de la traducción y, por consiguiente, una revalorización del antiguo oficio de traductor. Según dice Le Clézio, “la traducción reúne los pueblos y favorece la paz”. Entonces, ¿por qué no pensar en este como uno de los oficios más hermosos del mundo?

La place du traducteur dans notre société

Un peu d’histoire…

Historiquement, la traduction a largement été considérée comme une aberration. Pour quelle raison vouloir dégrader les langues nobles, comme le latin et le grec, en les traduisant dans des langues considérées inférieures ? Le premier à avoir voulu traduire la Bible en anglais, William Tynsdale, en a payé le prix : il fut brûlé vif…

La reconnaissance pour un tel travail était donc moindre, voire inexistante, et l’accès aux ressources restait réservé aux érudits, à une élite. Et la traduction est restée, elle, un travail de l’ombre. Dans une société où les ressources se sont démultipliées, et la communication avec elles, les choses ont-elles changé pour le traducteur et son métier ?

La traduction dans les yeux des autres

Malheureusement, nombre de préjugés continuent d’exister concernant la traduction, notamment celui selon lequel il ne s’agitait pas d’un vrai métier, mais d’une tâche que tout le monde peut exécuter sans difficulté, grâce aux cours de langues étrangères qu’il a pu suivre au cours de sa scolarité. On peut relier cela avec un autre préjugé quelque peu réducteur : le traducteur n’est en somme qu’un dictionnaire, à qui l’on peut demander n’importe quel terme hors contexte. Pourrait-il pour autant être remplacé par des outils de traduction automatique ? Nombreux sont les exemples qui nous montrent les conséquences que peut avoir ce genre de traduction sur l’image de l’entreprise ayant opté pour le plus rapide et le moins cher…

De là découle une autre idée préconçue de la traduction : il s’agit d’une tâche qui se fait facilement et rapidement, pour peu que l’on ait un dictionnaire bilingue sous la main. Ce qui peut mener à une certaine incompréhension entre le traducteur et son client, notamment dans une société où l’on nous demande toujours plus d’efficacité dans des délais toujours plus courts. Tout cela construit une image peu valorisante du métier et de la personne qui l’exerce.

Et pourtant…

La traduction est un travail bien plus complexe que cette image. Le philosophe Franz Rosenzweig résume ainsi « traduire, c’est servir deux maîtres » : il s’agit non seulement de retranscrire l’énoncé dans toute la subtilité que comprend la langue dont il est issu mais aussi de produire un énoncé tout aussi riche et fluide dans la langue cible. Il ne s’agit pas seulement de transférer un mot d’une langue à l’autre, mais un sens, en respectant à la fois la source et la cible dans toute leur complexité respective, qu’il s’agisse de grammaire pure et simple ou de références culturelles plus poussées. La traduction comme pur mécanisme de mot-à-mot serait une vision simpliste et bien réductrice d’un travail qui demande tant de recherches et même de créativité à celui qui l’exerce.

Le traducteur est aussi une personne dont le travail est de relier les peuples, de lier les cultures entre elles via la compréhension. La traduction est fondamentalement utile à la compréhension interculturelle. Le traducteur est le lien entre les acteurs, celui qui permet qu’une relation s’établisse entre deux personnes de langue et de culture différente. Certains l’appellent le plus vieux métier du monde… car c’est bien ce contact entre les peuples qui fait notre histoire. Par le besoin de communication et un multiculturalisme ambiant, notre société se prête à une revalorisation de la traduction, et donc du métier de traducteur. Selon les mots de l’écrivain Le Clézio, la traduction rapproche les peuples et favorise la paix mondiale. Ne fait-il donc pas partie des plus beaux métiers du monde ?

Alice Vial

Traductora en prácticas en SW